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1999 L'année - the year

"Eurose année!"

L'Europe vient de franchir une nouvelle étape dans son grand projet d'intégration. Jeudi à l'heure de midi, la forteresse de l'Union Européenne à Bruxelles, siège d'un monde jusqu'alors isolé, complexe et incompris, a vécu une heure de fête et de ballons: l'heure-E, en jargon parlementaire. Après des décennies d'euro-baratin, Bruxelles devient le centre d'une Europe plus unie que jamais, peut-être pas encore tout à fait par le coeur mais du moins par le portefeuille. 11 des 15 membres de l'Union ont fixé la parité de leur monnaie à l'Euro, en attendant 2002, lorsque leurs devises nationales seront éliminées pour laisser le monopole à cette unité que certains concurrencent déjà avec le puissant dollar. En France, l'équivalence sera au cinquième chiffre près après la virgule. Un Euro vaudra en effet 6.55957 Francs, en Espagne il vaudra 166,3 Pesetas. Mais alors que l'Euro coexistera encore avec les devises nationales pendant trois ans dans les faits, ce ne sera pas le cas sur les cours boursiers, où les cotes sont désormais toutes exprimées en Euro. La semaine dernière marquait, en même temps que le début d'une nouvelle ère d'intégration économique, le début de la fin d'une ère dans l'histoire de la monnaie. Le Système européen des banques centrales prévoit cependant d'assouplir la période de transition, en limitant le nombre d'opérations en Euro la première année. Un des avantages de la monnaie unique sera la trans-parence des prix d'une frontière à l'autre, mais pourtant il ne s'agira pas de la première fois que quelques pays européens se lancent dans l'aventure de l'union monétaire. En 1865 en effet, deux ans avant la confédération canadienne, France, Suisse, Grèce, Italie et Belgique firent un bref bout de chemin ensemble au sein d'une union latine qui dura jusqu'en 1870. La chute des cours mit fin à ce projet alors prémonitoire. Le dur travail lié à l'effort de convergence des monnaies européennes ces dernières années a été assuré pour prévenir toute répétition d'un pareil fiasco. Les monnaies des membres actuels de l'Union Monétaire Européenne se suivaient de très près, à l'intérieur d'étroits couloirs, limitant les fluctuations. Depuis le premier janvier la convergence est absolue entre les 11 monnaies de l'Euro. Mais à travers l'Europe la divergence perdure. La Grande-Bretagne, moteur indubitable et capitale financière majeure, est exclue de l'ensemble des 11, et certains son d'avis que repousser l'entrée du Royaume uni dans l'Euro était une erreur; tout comme l'absence du chancelier Gordon Brown à la cérémonie inaugurale des ministres de la finance de l'UE. C'est l'avis de John Monks, secrétaire général du congrès des syndicats, qui craint que le Royaume-uni "soit exclu des décisions-clé. C'est comme si on avait répété l'erreur britannique classique de se joindre trop tard à l'Europe et de rater une bonne affaire." L'euroscepticisme, présent chez ceux qui comparent plusieurs économies moins performantes de l'UE avec celles des États-Unis ou de la Grande-Bretagne, ne date pas d'hier. Mais elle n'est pas généralisée puisque certains commerces en Angleterre affichent une volonté de fonctionner à l'heure de l'Euro, dont la chaîne Marks & Spencer, qui acceptera les chèques en Euro (qui avec les cartes de crédit constitue un des seuls moyens d'acheter en Euro en attendant 2002). Loin d'être indifférente à la conversion à l'Euro à la veille de l'ouverture des marchés d'Asie dimanche, la City bourdonnait d'activité. 30 000 personnes y étaient à l'oeuvre pour effectuer les dernières préparatives avant l'ouverture des cours. C'est un premier exercice avant l'échéancier de l'année 2000, celui du bogue informatique. La Corporation de Londres a même déboursé 10,000 livres afin de garder ouverts les métros qui desservent la City. Cet été le rapprochement entre les places financières de Londres et de Francfort (aussi le siège de la banque centrale européenne) tentait du moins d'assurer une place convenable à la Grande-Bretagne au sein d'Euroland, en attendant de s'y joindre. Parmi ceux qui ne craignent pas l'exlusion de Londres fi-gure le président du regroupement des banques, Lord Levene, qui soutient qu'au contraire: "Londres va profiter de l'Europe car elle restera un centre mondial d'échange des devises." Lors de son message télévisé du nouvel an, cadré près des drapeaux français et européen, le président Jacques Chirac a quant à lui exprimé sa confiance que l'Euro devienne synonyme de stabilité et de force. L'intégration monétaire n'est évidemment, après des années de libre-échange et le développement de la zone Schenghen, qu'une étape sur le chemin d'une plus profonde intégration économique, comprenant une union douanière. Plus loin, ce mouvement prévoit le vrai but de l'intégration européenne à long terme: une union politique et fédérale, en passant par le développement d'une même politique extérieure. L'impuissance de l'Europe dans la crise au Kosovo, qui pourrait faire appel à l'OTAN si le marasme diplomatique se poursuit, est très éloquente à ce niveau. Il y a quelques semaines, l'attaque anglo-américaine contre Bagdad a encore une fois divisé l'Europe. Il faut craindre que ce genre de division ne mène dans l'avenir à une paralysie trop semblable à celle qui a caractérisé les années 1990 en Europe, malgré les meilleurs efforts de l'intégration, dont les dernières grandes dates remontent à 1992, puis Maastricht. 1999 en constitue une autre, mais pourtant il manque encore à l'Europe les ingrédients qui lui permettront d'atteindre son véritable but: assurer la paix, non plus seulement à l'ouest, mais à l'est aussi, où attendent impatiemment les prochains membres de la plus importante zone économique au monde. Peut-être avec le temps le parlement européen ne sera plus un monde d'incompris. Il faudra en juger par le taux de participation aux élections de juin prochain. Ce sera un examen conséquent puisqu'il permettra de juger à quel point les Européens sont confiance en leurs nouvelles institutions. D'autant plus que certaines d'entre elles sont aux prises avec des accusations de corruption.

 

Les enjeux de la question kurde

A cheval sur quatre frontières, le Kurdistan donne déjà à la cause de son peuple millénaire, un aspect nettement international. La semaine dernière le soulèvement de sa diaspora aux quatre coins du monde, de Berlin, où des incidents ont fait trois morts, en Australie, de Vancouver à Ottawa, puis à Athènes, en faisait un rappel résonnant, tout en soulignant une autre réalité de la nation kurde; le fait qu'elle ne jouit d'aucune patrie. Le coup de grappin opéré contre le dirigeant du PKK, Abdullah Ocalan (réfugié à Nairobi) par les autorités turques, assistées le dit-on des services de renseignement israéliens et américains, exposait un portrait différent de la cause kurde, après celui de la résistance à l'oppression irakienne ou turque, celui du militantisme sanglant responsable de plusieurs milliers de morts. Celui qui, le lendemain de la capture d'Ocalan, faisait appel à l'intensification de la guerre entre le peuple kurde (déchiré lui-même par plusieurs factions) et les autorités turques, qui cette semaine ont accentué leur pression sur le PKK dans l'est du pays. La presse turque a accueilli comme "victoire" la prise du numéro un de l'organisation "terroriste". Un éditorial du Turkish Daily News faisait l'éloge du premier ministre, Bulent Ecevit, "qui avait précédemment ravi nos coeurs en ordonnant l'intervention turque à Chypre", où la moitié nord de l'île divisée entre Grecs et Turcs, n'est reconnue en tant que nation à part entière que par Ankara. Il s'agissait d'un rappel particulièrement cinglant, puisque la Grèce, qui a vécu "un mardi noir", un drame national, ne nie plus avoir tenté d'héberger le fugitif kurde, refoulé dans toute l'Europe. La presse athénienne s'en prit à son propre gouvernement "de Judas", qui selon Ta Nea avait fait vivre un des jours les plus noirs de la Grèce moderne. La sympathie pour la cause kurde en Grèce ayant toujours été de rigueur, le fait que l'ambassadeur grec ait été incapable d'assurer la sécurité d'Ocalan à Nairobi, où il avait clandestinement été glissé, a fait "honte à la civilisation européenne" selon cette même presse. C'est montrer la dimension du "scandale" ainsi que quelques-uns des enjeux derrière la cause kurde, dont le traitement inhumain en Turquie, selon Athènes, rend en partie impossible le rêve d'Ankara d'intégrer la communauté européenne. Accusé de "collaborateur turc" par la presse, le premier ministre grec actuel ne put qu'accepter la démission de trois de ses ministres, celui de l'intérieur, de l'ordre, et surtout, celui des affaires extérieures. Puis après le retrait tout aussi prématuré du chef des services secrets grecs, c'était au tour du premier ministre Simitis lui-même de faire face à la musique et aux appels à la démission. Voilà bien longtemps que la presse ne s'était pas autant acharnée à l'unisson contre le gouvernement. Ainsi le jour de gloire turc correspondait, dans cet environnement de somme nulle, à celui de la misère grecque. Alors que la Grèce réussit toujours a bloquer l'accès turc à l'union européenne, l'UE a tout de même, après quelques mois de tension, rétabli de meilleures relations avec Ankara. Alors qu'Athènes à même réussi à faire lancer le processus d'intégration de Chypre dans l'Union, ce que rejette formellement la partie nord de l'île, non reconnue distinctement au niveau international, la Turquie a réussi à mettre suffisamment de pression pour repousser le transfert de missiles russes dans la partie grecque de Chypre. Sur l'échiquier international, la capture du chef du PKK prenait elle aussi une proportion tout autre, allant bien au-delà de la seule cause kurde (une cause "interne" à présent selon Athènes), pesant même sur l'équilibre régional. Après tout si Ocalan a fui la Syrie, d'où il orchestrait ses opérations militantes, c'est notamment en raison des tensions transfrontalières entre Damas et Ankara l'automne dernier, au terme desquelles la Turquie obtint gain de cause et fit chasser Ocalan de sa cachette. Aucun pays n'accepta d'héberger le dirigeant kurde par la suite, sauf le rival de toujours, mais là encore pas en terre européenne. Le rôle israélien, encore démenti par le premier ministre Netanyahu, si on y croit, ne pouvait que faire honneur aux ententes stratégiques conclues entre Jérusalem et Ankara ces dernières années dans cette région fort instable du globe. Le rôle américain, aussi soupçonné (sans lequel personne n'aurait cru à la réussite d'une telle opération commando en terre étrangère), n'aurait lui-même presque plus besoin d'être justifié. Cette semaine Bagdad menaçait de s'en prendre à la base militaire américaine d'Incirlik en Turquie, d'où proviennent les missions de survol des zones d'interdiction au nord de l'Irak (principalement établies pour y protéger les populations kurdes), une menace accueillie sans crainte à Ankara, tellement les liens avec Washington sont étroits. D'autre part, alors que l'alliance entre Turquie, membre de l'OTAN, et Etats-Unis, n'est plus à démontrer sur le plan militaire, elle l'est de moins en moins sur le plan stratégique et économique, puisque le plus grand consommateur d'énergie au monde aurait beaucoup à craindre d'un Kurdistan libre dans une région si près de la mine d'or noir de la mer Caspienne. Mais comme l'indique le stoïcisme de ceux qui espèrent porter la casquette d'Ocalan, la cause kurde est loin d'être perdue. Elle ne fait que paraître en plein jour suite aux manifestations internationales autour des ambassades de Grèce, de Turquie, d'Israël, et même du Kenya (celles-ci toutes fermées en l'occurrence), et le sera d'autant plus si le procès du chef du PKK est mené dans les conditions qui ont toujours soulevé la consternation contre Ankara. D'un autre côté, les méthodes parfois non-orthodoxes employées par ces manifestants, qui représentent en partie le côté militant du nationalisme kurde, laissent parfois à désirer cependant.

 

Clinton s'en sort indemne, ou presque

Après avoir fait couler tellement d'encre, l'affaire Lewinsky, au bonheur de tous, s'est simplement évaporée, suite aux votes de vendredi dans la chambre du sénat américain. L'équipe du président, fortement aidée par un ras-de-bol généralisé, avait depuis quelque temps déjà gagné la guerre après des semaines de tiraillement qui en fait ne remettaient pas en cause les évidences de cet exercice de plus d'un an. Mais il fallut certes un peu de temps avant que l'élément de surprise s'estompe totalement. Les procédures de destitution furent bel et bien enclenchées malgré les doutes de la saison estivale. Puis rendu à l'automne il fallut se rendre à l'évidence que les risques encourus par la présidence de Bill Clinton étaient plus élevés qu'ils ne l'avaient jamais été, un effet de la partisanerie acharnée dans la chambre des représentants. Mais c'est cette partisanerie qui mit fin aux interrogations, après tant de semaines de fausses émotions. Suites aux diverses plaidories au courant du mois de janvier, la proportion du rejet d'une motion de non-lieu, à la fin du mois, préservant ce parfait portrait de la partisanerie intestine, mit véritablement fin au débat. Les républicains gagnèrent la manche en prolongeant leur cause quelques semaines de plus, mais le nombre de sénateurs ayant voté pour mettre un terme au processus de destitution à ce stade là 44, suffisait pour assurer la survie de Bill Clinton. Le procès constitua donc un non-lieu en tant que tel, sinon un spectacle dans la tradition des spectacles de la dernière année, sans grand éclat, sinon dans les commentaires de la presse washingtonienne qui craignait déjà les lendemains vides après toute l'affaire. Puis ce fut un procès court, trois semaines au lieu des trois mois du président Johnson le siècle dernier, délibéré à huit clos, avec les fuites occasionnelles qui permettaient de confirmer les attentes: à quelques jours du vote fatidique, mais vraiment sans importance aucune, trois républicains se prononcèrent contre la destitution du président: "sans pièces à conviction et sans vrais témoins, à quoi bon," soupira un républicain, laissant penser qu'une douzaine d'entre eux pouvaient se retrouver dans le camp du pardon. Évidemment le moral n'était plus à son plus fort dans le camp républicain. Ayant perdu la guerre ils tentèrent de sauver l'honneur en croyant à une majorité des votes, à défaut des deux tiers nécessaires. Mais en vain. En fin de compte, ils n'auraient même plus la force de faire passer une motion de blâme, toujours en suspens. Cette enquête à peine terminée, la justice américaine laissait se pencher sur les activités et pratiques des fois excessives du procureur Kenneth Starr, une initiative démocrate, en attendant de réformer l'institution à l'origine du calvaire de la dernière année, de l'"orgie" s'il faut en croire l'Economist, le bureau du procureur indépendant. C'était en effet une douce revanche de l'establishment après tant d'années à l'ombre de Watergate, et même la petite bête de l'époque, la presse, en sort avec un mal de tête de lendemain. Les lecteurs avaient tranché bien avant les juges, maintenant la cote de popularité du président, dans un pays qui ne connait pour l'instant que la croissance, à un niveau encore historique. Que jugera l'histoire, que malgré tout Clinton aura eu la tâche trop facile? Tout ce qu'on lui a demandé c'est de tenir la barre bien droite, pour reprendre une autre formule du magazine britannique. Pendant ce temps il faut croire que les républicains voguent droit à leur perte. Pas moins d'une dizaine d'entre eux mirent en pratique leur instinct de survie et acquittèrent Clinton; les républicains n'obtinrent la majorité dans aucun des deux votes. La moitié du sénat ne trouvait pas qu'il y avait eu obstruction à la justice et une proportion encore plus importante rejeta les accusations de parjure. Même si en fin de compte il était difficile de croire que les deux n'avaient pas eu lieu. Le sénateur républicain Arlen Specter livra une interprétation dite écossaise des votes: "il y a trois possibilités; coupable, non coupable, et non prouvé." Il cocha la troisième case, comme bien d'autres. En fin de compte les deux camps étaient unis malgré tout dans un profond soulagement. Clinton profita de ce moment d'accalmie pour faire un appel, d'un ton repentant, à la réconciliation. Il dut reconnaître que le mécontentement à son égard n'allait pas entièrement s'estomper si vite. Certainement pas au sein de la famille Clinton.

 

Jordan, Middle-east, in transition

The death of Jordan's king Hussein was met with a chorus of eulogies from many world leaders, including Israeli PM Benjamin Netanyahu, U.S. president Bill Clinton and Canadian PM Jean Chrétien, who called him "one of the greatest statesmen of the second half of the 20th century." The prime minister did not attend the official service in Jordan however, claiming the distance he had to cross to get there could not allow him to arrive in time. But this was perhaps the odd rare exception. The international outpouring was such that even the relatively ill Russian president, Boris Yeltsin, made the trip to Jordan, where former leaders such as U.S. president Jimmy Carter, one instrumental in the early years of the Mideast peace process, and even present-day arch-rivals, attended the ceremony. Jordan faces a transition many hoped it had been prepped up for in the last weeks, after king Hussein, in one of his last major acts, chose his son Abdullah, the Regent, to take his place on the throne. Yet the popular grief, in a country where few have known another king, was nonetheless overwhelming when the news of Hussein's death finally came. He had been unconscious ever since a failed bone marrow operation following a relapse of his cancer, and kept alive on respiratory systems. While the tiny Hashemite country, one with its fair share of troubled times in the past, faces weeks if not months of transition, the same can be said for the Middle East in general in the months, and years to come. The peace process Hussein had been so instrumental in fostering has been stalled as Israel prepares key elections, after the dissolution of Netanyahu's frail coalition government and the splitting of the volatile Israeli right wing. The region, including the Gulf states, has other elderly statesmen whose demise could at any time trigger similar uncertainty, including Syria's Haffez Assad and Saudi Arabia's king Fahd, spreading fears of more troubling succession crises. The region in general is also in transition as Iran's moderates looks to upcoming elections to push their drive of influence in a country where religious fundamentalists hold the real reigns of power. The latest bouts between US, UK warplanes and Iraq's air defences also put into question Baghdad's relations with its neighbors, which have resisted its calls to rise against Western influence among Arab states. But among all these fears of potential upheaval, there is a sense of continuity still, at least in matters concerning the peace process. For one the Likud's election win under Netanyahu in Israel, while leading to hardening positions and tough negotiations on the way to the late Wye plantation settlement, still did not derail the peace effort altogether. Even the critical right wing, save the rebel settlers population, accepted land for peace as a fait acompli. And the heir to the throne of Jordan, king Abdullah, promises to continue in his father's footsteps, the tenuous but nonetheless sustained drive to Mideast peace. The small country carved up by the former colonial powers was united by the late king Hussein it was said, and even injected with a dose of genuine nationalism, around his generally popular leadership. In the same way, this practically land-locked country of barely four million managed to play a crucial role in a Mideast peace process ordinarily headed by world or regional powers. But despite the regional implications of the king's passing away, some analysts anticipate the first real tests of Crown Prince Abdullah's takeover will be internal. Already the first challenge to the new ruler came from the opposition Muslim Brotherhood party, asking for the dissolution of parliament and new elections. In the region, Jordan stands as one particular country where democratic rule has made some headway in the last years. Martial law was ended in 1991 and political parties were legalized in 1992, allowing for a small Islamic presence in parliament. Furthermore king Abdullah's style is said to embrace a "policy of inclusion rather than one of exclusion," in a country where much emphasis is put on "continuity." King Hussein himself had abided by popular concern notably during the Gulf war, when Jordan defiantly supported Iraq's leadership. The controversial decision, a few years before Amman was to sign a peace deal with Israel and pursue policies more in synch with that of the West, is said of having been one of internal rather than external policy consideration, since Jordan is home to a large Palestinian population supportive of Saddam Hussein. If anything, Hussein's death, at least for a short while, even managed to unite the region, Arab, Israeli and Western leaders, in praise of the little Hashemite king who, in U.S. president Bill Clinton's words, was in crucial times "the largest man in the room."

 

Nato's grim anniversary

There is no doubt the crisis in Kosovo has dominated international attention since the air strikes have begun, and that as a result, events of some magnitude have gone by little noticed on the world stage. Among them, the latest salvo of missile swaggering between India and Pakistan, despite the "bus diplomacy" of the preceding months between the south-Asian neighbors. Other notables include ongoing clashes between the U.S. air force and Iraqi air defences, and fears about the state of the Northern Ireland peace process. Palestinian leader, Yassir Arafat's visit to Ottawa last month may have commanded additional attention it if hadn't taken place on March 24, the day the air strikes began. Similarily, the Israeli election campaign has also enjoyed little international coverage, with just weeks until the vote. As a whole, the Middle East peace process is at a standstill, and for some time, there were fears the Palestinian authority thin, and struggling Albania. The first refugees arrived in Canada this week, a trickle compared to the thousands massed in increasingly overcrowded camps. Meanwhile Nato leaders meeting in Washington for last week's summit agreed to pursue the offensives against Serbia, and put together plans to impose an oil embargo. Russia says it won't respect the new restrictions, prompting fears of a showdown in the Adriatic should Russian ships decide to defy the embargo, which does not have the blessing of the United Nations Security Council where Moscow has a veto. Something which did not surface at the meeting was talk of sending ground troops to Kosovo. On this, there were signs of differences between the two greatest allies in the air strikes, the United States and Britain. On the eve of the Nato gathering, British foreign minister, Robin Cook, said it was increasingly "possible to conceive of circumstances in which it may be feasible to commit ground troops." In fact there are indications British prime minister, Tony Blair, planned to bring up the issue of a new phase of operations in Washington, but was discreetly discouraged to do so according to some accounts. The ground option is one that Russia firmly rejects, although channels of communication seemed to have gradually reopened between the former super-power and the alliance. Last week Russian officials went to Belgrade to play an ever increasing interlocutor role in the conflict, this week they toured Europe, the second major Russian attempt at brokering peace since the beginning of air strikes. The deal in principle reached with Belgrade, including the partial removal of troops from Kosovo, is however well short, once again, of Nato's expectations. Partially frustrated by its inability to squeeze Belgrade entirely after weeks of bombings, the alliance is still seeking nothing less than a total Serb capitulation over Kosovo. Meanwhile the latest rounds of diplomacy seem to converge on Moscow, where US, UN, Greek and Canadian officials met with Russian counterparts this week. Over the weekend, reports that President Milosevic's home had been hit by strikes, "a strategic command post" according to some officials, one missile squarely blasting the master bedroom, renewed notions that the conflit is growing ever more personal. Furthermore, the alliance has given Milosevic clear signals any assets he may have world-wide could be targeted as well. There are signs the conflict is taking a serious economic toll in the region, especially in Macedonia, and Albania, Europe's poorest country before the conflict began. While the alliance has already given these countries security guarantees, it may be about to consider some economic aid to the region as well. World Bank and IMF meetings scheduled for this Spring could put forward "Marshall-Plan"-like aide to countries too close to Yugoslavia for comfort, all depending on the duration of the conflict. Preliminary figures put the need for cash at $1.8 billion. But it may be a little too soon to plan for reconstruction. President Bill Clinton said the air strikes could continue for "many months". However this week the U.S. House voted to bar Clinton from sending ground troops to Yugoslavia without congressional approval, as the first of 33 000 reservists were being called to duty in the Balkans. Congress could not even approve of the ongoing air strikes but still managed to free up some $13 billion for the war effort, a sure sign of divisions. Canada meanwhile said it was sending 800 troops to the region, but only to serve as peacekeepers. Ottawa's Balkan policy has been pursuing a number of venues, seeking a diplomatic settlement to the crisis, while considering taking part in the naval blockade at the same time. In Serbia, while some analysts only fear Milosevic's regime, hotly contested only two years ago, has been internally strengthened by the strikes, there were signs of cracks forming among his officials. A former political rival, who became a rather good mouthpiece of the regime once in government, deputy premier Vuk Draskovic, emerged as a government critic once more, accusing Milosevic of lying to his people. Draskovic said Belgrade should be ready to make major concessions to end the crisis, including letting soldiers from Nato countries enter Kosovo as a U.N. peacekeeping force. The notion that a peacekeeping force could be allowed has been widely circulated, but it was generally agreed it could not involve troops from "aggressor countries", including Canada. The former opposition leader played a familiar role, threatening to rally Serbs in street protests to reach a compromise to end the conflict, before he was sacked. While there are question marks as to whether the politician carries much weight in Serbia, especially during war-time, there were hopes in the West his actions may embolden and stir up what remains of the country's once loud, yet divided opposition. Not waiting around to see, Nato has neglected calls for a cease-fire and stepped up its bombing campaign. With the increased intensity, including a number on strikes on Montenegro, came more reports of mistargeted missiles, one slamming the Serbian community of Surdulica, killing some 20 civilians. Other missiles even damaged buildings in the Bulgarian capital of Sofia. Increasingly squeezed, Yugoslavia's neighbors are nervously looking on as the alliance desperately attempts to launch its new half-century without totally discrediting itself.

 

L'heure d'entrer dans la légende

Il y a un an, à l'extérieur du domicile des Sénateurs d'Ottawa, les revendeurs de billets étaient introuvables. Les policiers de la région de la capitale les tenaient bien à l'oeil car cette fois le marché noir proposait une véritable perle: la visite des Rangers de New York à Kanata, et possiblement, le dernier passage du maître Gretzky, "The Great One". Un an plus tard, les amateurs de sport de la région ont vécu sensiblement la même expérience, avec la certitude additionnelle qu'amène le passage d'une année et le vieillissement de celui qui a marqué le sport national comme personne. Un peu à la Michael Jordan, qui s'est retiré officiellement à la fin de la grève de la NBA mais après une longue période d'interrogations, Gretzky aura fait traîner un pénible suspense avant de se prononcer sur une décision de retraite. S'il l'avait su lui-même, évidemment, il en aurait été autrement. Cependant Wayne n'aura jusqu'alors jamais flirté avec la retraite, il s'est tout juste contenté de fracasser tous les records imaginables du sport (une soixantaine), atteignant presque un sommet de 900 buts qui le place au-dessus des nuages. Evidemment les dernières années dans le circuit de la LNH n'ont pas été les meilleures, chose impensable après un tel acte d'endurance. Neuf maigres buts cette année, environ 60 points, un palmarès respectable pour les mortels, mais bien loin des 90 buts et 200 points des grandes années de sainteté à Edmonton, couronnées par quatre coupes Stanley. C'est sans doute la quatrième place du Canada aux Jeux de Nagano, lors d'une compétition qui promettait d'exposer l'Equipe de Rêve canadienne aux yeux du monde, que les premières rumeurs sérieuses se sont mises à circuler. Un nouvel échec après l'amère défaite contre les Américains en Coupe du monde deux ans plus tôt. Même s'il avait appris à jouer sans gagner ces dernières années (les Rangers ratent les séries pour une deuxième année de suite), le feu de la victoire brillait encore en Wayne, et il fallait se demander s'il n'allait pas atteindre ce moment critique, "perdre le plaisir de jouer", à un moment donné. Mince consolation, il fut sélectionné joueur par excellence de la dernière partie des étoiles, un dernier signe de sa grandeur, en plus de finir premier au pointage chez les Rangers en 1999: signe de son leadership... ou signe de malaise d'un club qui ne connait pas de relève. Selon une myriade de commentateurs cette semaine, ainsi que le père de Wayne, Walter, il restait de moins en moins de place au doute: Wayne allait tirer sa révérence cette année. Il ne va pas le faire au sommet de sa gloire, comme Jordan ou Mario Lemieux, mais les amateurs ne pourront pas s'empêcher de sentir un immense "vide" néanmoins, après la disparition d'un champion qui ne laisse encore aucun successeur digne du nom. Mais alors que le prodige national pense à la retraite, les plus hautes instances du hockey pensent à la situation du hockey au pays. De leur point de vue, la retraite de Wayne ne pouvait pas venir à un pire moment. Quoiqu'il en soit, ce jeudi à Ottawa, l'ovation a duré plusieurs minutes au Centre Corel. Mince, c'est comme si on avait pris la plus grande décision de sa carrière à sa place. Emu, Wayne Gretzky ne put rien promettre de définitif lors de la conférence de presse d'après-match, mais "à moins d'un miracle" il ne rejouerait plus au hockey l'an prochain. Le lendemain il mettait un terme aux rumeurs tant circulées, plogeant le sport dans sa propre version du bogue de l'an 2000: que faire après le passage de 99...

 

L'indonésie en transition

Un an après la chute du président Suharto, près de 130 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes pour renverser le cours des quarante dernières années en Indonésie, et avec eux le parti Golkar du président B.J. Habibie. Le terme tant véhiculé de "Reformasi" se traduit par une seule notion, celle du rejet du parti au pouvoir. Le Golkar semble en effet ne pas avoir gagné la faveur de l'électorat selon les premiers maigres résultats, qui le placent bien en arrière du Parti démocratique du peuple indonésien de Megawati Sukarnoputri, fille du président fondateur renversé il y a 32 ans. A l'époque, celle que l'on surnomme simplement "Mega", fut expulsée de son université de Bandung; elle avait pris son dernier cours de politique. Voilà peut-être ce qui explique la faible teneur des discours de celle que certains qualifient d' "énigme" tout au long de la campagne, mais peu se soucient vraiment du fait que le favori des premières élections démocratiques en Indonésie depuis 1955 fasse plutôt figure de symbole unificateur que de technicien : "Elle a de bons instincts, mais elle n'a pas la formation requise pour la planification économique", explique un commentateur politique. Ceci n'a pas empêché les marchés financiers de réagir positivement aux premiers rares résultats de l'élection qui doit allouer 462 des 500 sièges du parlement, les autres n'étant pas remplis par voie démocratique. C'est une montée sur la scène nationale qui rappelle celle de Sonia Gandhi, en Inde, une autre personnalité mythique, susceptible de devenir premier ministre, que la politique n'emballe pas nécessairement. De plus Megawati a eu le courage de diriger l'opposition indonésienne lors des moments délicats de 1998, alors que seuls trois partis formaient la scène politique. L'Asie au complet surveille la transition du pays de 209 millions d'habitants, qui comme bien d'autres a subi les lourdes conséquences économiques et sociales de la crise asiatique. Pour l'instant, les résultats se font attendre, notamment à cause du "manque d'habitude électorale". Le président ne sera en fait choisi que lors des élections d'assemblée de l'automne, après une période de formation de coalition intense, rendue plus ardue pas la présence de 48 partis sur les listes de vote. D'ici là, la fédération des 17 000 îles pourrait bien avoir subi quelques transformations, suivant le référendum sur l'indépendance attendu au Timor Oriental en août. Les "fédéralistes", dont Megawati, regrettent que le gouvernement actuel ait ouvert la boîte de Pandore de la décentralisation au cours des derniers mois, responsable selon elle d'avoir lancé le bal indépendantiste dans d'autres régions, dont l'Aceh, qui comme le Timor a été proie à la violence. Hors ces cas plutôt extrêmes, la campagne électorale ainsi que le scrutin se sont généralement déroulés sans incident, plutôt même dans l'enthousiasme du geste démocratique. Mais les observateurs craignent la suite, ainsi que la lenteur frustrante du dévoilement des résultats, qui laisse craindre les vieilles habitudes de la manipulation électorale.

 

Signature seals Kosovo peace deal

The entrance of a U.N. peacekeeping force into Kosovo, effectively ends a Balkan crisis which has seen 78 days of Nato air strikes, sparked by the cleansing of nearly a million Albanian refugees. There were more than just a few reasons why Nato had reacted reservedly to Belgrade's initial acceptance of an international peace plan over Kosovo last week, on day 72 of the air strikes. For one, Slobodan Milosevic had deceived in the past, his "modus operandi" according to some, and tolerates a level of brinkmanship few world leaders, except perhaps Iraqi leader Saddam Hussein, can endure. And then there were fears Serbia would seek to stall over all the pesky details of the tentative peace agreement, largely based on the Rambouillet proposal Belgrade had rejected over two months ago: What would be the mandate and composition of a peacekeeping force? What measure of autonomy would the Kosovars enjoy? Indeed delays did occur over the weekend as Nato and Yugoslav military officials initially failed to agree on the terms of the Serb troop withdrawal from Kosovo, the first crucial stage conditioning the end of the air strikes, which continued in the mean time. Then Serbia raised objections to the presence of Nato troops amid the peace force, and emitted reservations about the return of the refugees. The stonewalling may have been an attempt by Milosevic to counter accusations he had capitulated, something which could turn politically catastrophic domestically. Initial reactions to the peace deal from members of the Serb parliament, which endorsed the plan slightly before Milosevic, had ranged from relief to outrage, especially in the case of Radical Party leader Vojislav Seselj. The latter reminded observers that some politicians in Belgrade could be even more radical than Milosevic, who had toned down the rhetoric in the last few weeks to prepare his people for peace, or in the words of critics, "capitulation". Seselj accused his colleagues of copping out without any real parliamentary debate on the plan, and vowed to quit the government when Nato entered Kosovo. The Yugoslav president for his part sought solace in the belief that he had obtained some concessions from the Alliance, by agreeing to a plan under U.N. auspices, where the organization will oversee the deployment of some 50,000 ground troops and the transformation of Kosovo's institutions, the province remaining well within the bosom of the federation. But there is no doubt the Serb leadership had done little else than agree on a simple variation of the once loathed Rambouillet accord, giving the Atlantic alliance something to beam about after weeks where its strategy had been questioned, and its mistakes widely condemned. Some analysts from the Institute of War and Peace Reporting even claimed the actual terms of the new agreement were even harsher on Belgrade. Perhaps the United States' growing willingness to consider the use of ground troops had made the most compelling argument for Serbia to back down and accept the peace plan. Some analysts even claimed Nato's air-only policy had, after all that was said, simply accomplished a first in modern warfare. Others didn't agree, saying the last few weeks had on the contrary showed "how not to fight a war": "I don't think anyone should walk out of this thinking we ought only to have air power," said one high-ranking US officer. Yet diplomacy at least seemed to show it could work when properly backed by the "other means" in its arsenal. Oddly there were surprising reactions from one country at the center of the diplomatic effort, Russia, where some officials, especially within the military, accused special envoy Viktor Chernomyrdin of bowing to pressure from Nato and agreeing on all of the Alliance's conditions. Russia, which will have no small role to play in the peace-keeping mission, originally called for an end to the air strikes before the Serb withdrawal from Kosovo, and also refused a Nato-led intervention in the province. After both were rejected, so were its most recent calls for the Kosovo mission to be headed by two separate commands, including its own. Most of all, Russia had rallied to the Alliance's side, abandoning a long-time Orthodox Slav ally. In the refugee camps meanwhile, the most widespread sentiments were those of muted relief, betraying a careful realism lost in a sea of doubt. Kosovar refugees welcomed the news with a certain level of skepticism, a hardened position after weeks of terror, hardship and misery. Many claimed they were dubious of Milosevic's intentions and others preferred to follow-up with evacuation plans to other countries rather than start lining up to return to Kosovo. Those who were ready to do just that said they would be staying well behind Nato soldiers in the process, and would not enter parts of Kosovo where Serb forces remained. Tensions momentarily rose in the camps when the initial peace talks broke down, amid fears Milosevic had indeed misled Nato once more. European leaders meanwhile, once more caught up by events during a Union meeting in Germany, sought to draw some lessons from the latest conflict to have erupted in their backyard. They vowed to endorse a common foreign and defense policy before the end of the year 2000, seeking to "complement" the Atlantic alliance, not replace it. They were even considering the current Nato secretary-general, Javier Solana, for the top job. Already in these early stages of the beginning of the end, the lessons are many. Certainly in Belgrade, where some have come to question Milosevic's leadership, the man who gave up Slovenia and Macedonia, lost Croatia, Bosnia, and now Kosovo, possibly estranging Montenegro from the federation as well, and sparking long-term concerns over Voivodina, also a formerly autonomous region. Discontent is expected to grow as a result of the destruction of much of Yugoslavia's infrastructure and power grid, not to mention if refugees and dismayed troops end up flooding Serbia in the weeks to come. Human rights groups fear Albanians may exact revenge against Kosovo Serbs, sparking fears of a reverse cleansing of the province. That's why Nato says it will leave no time between the withdrawal of Serb troops into Kosovo and the entry of its own, avoiding a potentially dangerous power vaccum. On Thursday, after confirmation of a start to the Serb withdrawal from Kosovo, Javier Solana called for a halt to the Nato air strikes, which was quickly followed by a UN resolution in the Security Council allowing the entry of the peace-keeping force. Even late in the week, Nato members remained cautious. While Nato may have considered to destabilize Milosevic's regime, to ultimately oust him from power - especially after the Yugoslav president's indictment for war crimes - there is no guarantee a preferable successor would emerge in the short term. In addition, any long-lasting disruption at the top would not be beneficial to the region's security and economy, especially in view of eventual reconstruction plans. But these won't be coming to Serbia in the near future. Nato, which is preparing a Marshall-plan like reconstruction scheme in the Balkans, has indicated Serbia would not be granted such much-needed funds unless Milosevic is toppled from power, a point stressed during president Bill Clinton's "victory speech", an outcome not likely to be reached peacefully.

 

Mbeki increases ANC majority

In the end, despite the electoral errors of the young democracy, the ruling African National Congress party in South Africa confirmed the country's transition into the post-apartheid era by sweeping the second free vote in the 1990s with an even greater margin than the previous: with 66% of the tally. In term of seats however, 266 of the 400 in parliament, this was just one short of the two-thirds necessary to claim the power to make unilateral constitutional changes. This may have been a little comfort for other parties, especially those backed by the country's white population, which dreads any constitutional change, but it didn't last very long, as the ANC hurried to form a tiny coalition with the Minority Front, gaining the missing seat. Heeding fears on amendments during the campaign, president-elect Thabo Mbeki said he would not contemplate such new changes in the short term. The large ANC majority also raised fears the country was entering just another era of single-party rule, something that will have to dispel the new man of the hour. With 80-year-old president Nelson Mandela's retirement from politics takes center stage he who has largely run the affairs of the nation for the last two years, 56-year-old Mbeki. Although the English-educated figure does not enjoy the same level of affection as Mandela, he is expected to run the country with efficient pragmatism, earning him the title "kick-ass president" by a Johannesburg newspaper. The country he inherits has broken the shackles of Apartheid and has enjoyed some growth but remains mired by violence, racism, high unemployment, and an AIDS epidemic large even by African standards. Although there were a few violent incidents during polling hours, largely located in parts of the KwaZulu-Natal province, voting was generally more peaceful than five years ago, when bomb threats sought to discourage some of the voters. In the end 85% of the 18 million-plus eligible voters showed up to cast their ballots. Most lined up for hours outside polling stations in the heat during the day, and chilling cold at sundown, still giddy with excitement of having their say in their nation's future for only the second time. The campaign showed many divisions remained amid South Africans. Few non-black voters were expected to vote for the ANC, preferring to consider the white-led New National Party and Democratic Party, which ran with the slogan to "Fight back". But there were recorded changes in the party's electorate this year, the ANC drawing a number of mixed-race voters from the ranks of the Afrikaner-dominated New National Party. With two-thirds of the votes, the ANC did better than what even its most fervent supporters expected, topping the 62.5% it obtained in 1994, heeding Mbeki's call to give the ruling party "an overwhelming mandate." But some were even more surprised to see how well the ANC did across the board, in all nine of South Africa's provinces, including the two provinces it did not win, Western Cape, where the "Nat" support plummeted, and KwaZulu-Natal. To extend his reach overall, Mbeki also considered offering the Inkhata Freedom Party's Mangosuthu Buthelezi the deputy presidency, in return for the leadership of the KwaZulu-Natal province. More than a simple exercise in power-play, such a move would help ease some of the traditional tensions between the ANC and IFP. More than 10 000 people were thought to have died in fighting between the two sides before the 1994 elections. Mbeki may have indeed already shown he would waste no time before rolling up his sleeves, or swinging a leg forward.

 

Le Cachemire encore, toujours

Le plus récent conflit mettant aux prises l'Inde et le Pakistan dans les hauteurs du Cachemire rend compte de différences vertigineuses avec celui qui vient de toucher à son terme dans les Balkans. Même si l'aviation indienne tente de chasser quelques centaines de commandos pakistanais à coup de bombardements continus, la réalité sur le terrain n'est pas celle de la guerre virtuelle récemment dirigée par l'Otan. Des centaines de soldats Indiens tentent de gravir, à quatre pattes et avec leurs ongles, les sommets stratégiques occupés par quelques combattants venus du nord qui ont pris position autour de précieuses routes de ravitaillement. Les soldats, plusieurs centaines de chaque côté dit-on, paient cet affrontement plein de symbolisme au prix de leur sang. Mais alors que l'image des cercueils rapatriés militerait en faveur d'une conclusion rapide des hostilités en occident, elle ne fait qu'échauffer les esprits sur le sous-continent asiatique, au bord d'une quatrième guerre indo-pakistanaise, une troisième centrée sur ce territoire divisé depuis la partition des Indes. L'"infiltration d'intrus" armés dans la portion indienne du Cachemire a fait l'objet d'une condamnation au sommet du G-8, tandis que les Etats-Unis réitéraient un appel ferme au retrait des forces. Alors qu'à Islamabad le gouvernement nie toute responsabilité, attribuant l'assaut à celui de "combattants de la liberté" cachemiris, certains renseignements affirment que la plupart des soldats en question sont bien des réguliers de l'armée pakistanaise, ce qui laisse croire soit que le premier ministre Nawaz Sharif - qui a dû écourter une visite diplomatique à Pékin - veut s'assurer du soutien d'une armée obsédée par la sécurité du territoire en lui donnant carte blanche, alors que le pays traverse une période d'instabilité, soit qu'il a tout simplement perdu le contrôle de la situation. La première version, plus plausible, rappelle le délicat équilibre des forces en présence à Islamabad, où l'armée - un acteur de la scène politique toujours attentif et actif - aurait vivement réagi à la volonté du gouvernement de se plier à la politique interventionniste préconisée par les partis islamistes pour qui le Cachemire - un territoire principalement musulman sous contrôle hindou - constitue une aberration de l'histoire d'après-guerre. De son côté, le premier ministre indien, Atal Bihari Vajpayee, essaie tant bien que mal de retenir ses troupes à l'intérieur de la ligne de contrôle établie en 1972, ce qui s'avère de plus en plus difficile en raison de la tenacité des bélligérants, et des pertes indiennes sur le terrain. Mis au fait de cet état critique des relations entre les deux plus récentes puissances nucléaires, Washington a aussitôt dépéché le général Anthony Zinni, pour tenter de désamorcer la crise. Mais les Etats-Unis, qui jusqu'en avril, date de l'incursion, suivaient avec beaucoup d'intérêt la reprise du dialogue entre les deux pays, se gardent bien d'agir en véritable médiateur, rôle que refuse également la Chine. Il faut dire qu'en l'espace d'un an la politique étrangère américaine a presque fait un 180 degrés, pour prendre ses distances par rapport à l'allié pakistanais. Ce sont pourtant ces anciennes alliances qui expliquent en partie de la crise actuelle. Lors du conflit Afghan, les Etats-Unis et le Pakistan ont développé de solides filières pour alimenter les rebelles anti-communistes, le "pipeline Afghan", dont le flot aurait été redirigé lors du conflit actuel. Celui-ci remonte à il y a dix ans, à la fin du conflit afghan, lorsque des militants islamistes cachemiris s'en prirent aux autorités et à la population indiennes, faisant appel soit au rapprochement avec le Pakistan, soit à l'indépendance. Selon un rapport de l'organisation Human Rights Watch daté de 1994, le rôle du gouvernement pakistanais était officieux mais sans équivoque, facilitant la circulation des armes vers les militants de la région. Lors des années 80 voilà qui constituait le rôle principal de l'ISI, le service de renseignement pakistanais, qui a acheminé la totalité des armes dédiées aux moujahidines afghans transitant par le Pakistan. Au moment de l'arrivée au pouvoir de Benazir Bhutto en 1989 l'ISI avait atteint une telle influence qu'il était considéré "un état dans un état", et complota la chute de "la vierge en culotte d'acier" alors qu'elle tentait de rapprocher Islamabad de l'Inde de Rajiv Gandhi. Le rapprochement des deux pays en février a-t-il précipité un nouveau geste? C'est la thèse de ceux qui craignent un coup d'état au Pakistan, faisant du Cachemire à nouveau le sujet des divisions profondes entre les deux voisins. En dix ans, le conflit a fait environ 30 000 morts et semble, à l'âge du nucléaire, à peine avoir atteint son paroxysme. Pour l'instant il aura ravivé le nationalisme militant non seulement au Cachemire mais dans l'ensemble du nord de l'Inde. Une situation, à la veille des élections, que New Delhi ne saurait accepter, et que le Pakistan, lui en attente de fonds du FMI, ne pourrait endurer indéfiniment non plus.

 

Timor: l'ampleur du désastre à venir

Limitée par le faible nombre d'effectifs déployés, la pénétration des troupes de la mission internationale Interfet au Timor oriental se fait au compte-gouttes, mais on redoute déjà l'ampleur du désastre qu'il reste à découvrir. Des militaires et membres d'organisations non-gouvernementa-les en ont eu un aperçu en survolant plusieurs villages de la moitié de l'île mise à sac le lendemain du référendum sur la souveraineté, ou du moins ce qu'il en reste. "Pendant plus de cinq heures de survol en hélicoptère dans tout l'est du territoire je n'ai vu que des villes détruites, des villages rasés ou encore en train de brûler, expliquait un responsable de World Vision, ce spectacle de ruines nous a profondément choqué car ces destructions nous ont paru être systématiques et planifiées". On soupçonne d'ailleurs que les massacres se soient poursuivis alors même que les troupes australiennes qui dirigent la mission débarquaient sur la côte du Timor oriental. Quelques jours après leur arrivée, les soldats de l'Interfet ont dû se défendre contre le tir de miliciens réticents de quitter la 27ème province de l'Indonésie. L'avant-veille, on a fait la triste découverte du corps du jeune journaliste hollandais Sander Thoenes, abattu lorsqu'il a tenté de fuir des milices en motocyclette. A défaut de tomber sur des charniers comme ceux qui ponctuaient la campagne kosovare ce printemps, la force internationale a commencé à constater l'ampleur des massacres lorsqu'elle a inspecté un véhicule carbonisé, dans la banlieue de Dili, contenant neuf squelettes de personnes supposémment abattues par les milices. La découverte a doublé les appels au lancement d'une enquête sur les atrocités au Tirmor oriental, un engagement pris par le haut-commissaire aux droits de l'homme, Mary Robinson, ensuite confirmé par le secrétaire-général Kofi Annan, malgré les protestations de Jakarta. On craint de bien pires découvertes avec la progression des troupes internationales dans l'ouest du territoire, la chasse gardée des milices pro-indonésiennes. Même si la grande majorité d'entre elles a gagné le Timor occidental, encore sous contrôle indonésien, suite au retrait des troupes et au transfert de l'autorité du territoire sous contrôle de l'ONU, on redoute que les terribles bandes paramilitaires n'aient pas dit leur dernier mot et préparent de nouveaux affrontements. Washington et d'autres capitales mettent en garde Jakarta de permettre un tel événement, tandis que le ministre de la défence australien a rappelé qu'il avait la bénédiction de l'article 7 de l'ONU, s'il s'avérait nécessaire de poursuivre les milices jusque dans la partie occidentale de l'île. La présidence de B.J. Habibie a été affaiblie par l'abandon du Timor et plus récemment par les scènes de violence dans les rues de Jakarta, suite au dépôt au parlement d'un projet de loi interdisant les manifestations et donnant les pleins-pouvoirs aux militaires en période d'état d'urgence. Les rivaux politiques de Habibie exigent le retrait de sa candidature à la présidence, qui doit être décidée le 30 par l'assemblée consultative qui s'appuiera sur les résultats des élections du printemps. Parallèlement, d'autres incidents ont eu lieu près des ambassades américaine et australienne, oeuvre de manifestants nationa-listes rejetant l'"invasion étrangère" du Timor. Les troupes australiennes - quelques milliers de soldats dont l'engagement étire déjà les ressources limitées des forces armées - et celles des autres nations de la force internationale, accusent un certain retard opérationnel, laissant encore aux milices libre cours dans une bonne partie du territoire. Il faut dire que la mission constitue un bris avec la position traditionnelle de Canberra envers son puissant voisin, forçant un discours double. En effet alors que les militaires multiplient les avertissements, le ministre des affaires extérieures, M. Downer, songe déjà au lendemain de la crise diplomatique actuelle entre les deux pays, qui ont rompu leurs ententes militaires à l'initiative de Jakarta. Alors que l'Australie était le seul pays ayant reconnu l'autorité de Jakarta sur l'ancienne colonie portugaise, le Timor oriental restait un élément complexe dans la relation entre les deux pays. La transition actuelle, selon le ministre, laisse espérer que les liens seront dorénavant moins ambigus: "L'Australie reste très attachée à cette relation, et à la notion que l'Indonésie restera capitale au bien-être de l'Australie à long terme". Pendant ce temps le premier ministre australien, John Howard, a rappelé le besoin de préserver les liens économiques entre les deux voisins. L'Australie vend 70% de ses exportations en Asie, et M. Howard dit qu'il est trop tôt de parler de pertes dans ces affaires qui se chiffrent en milliards de dollars. Pendant que Canberra songe à rebâtir ses liens commerciaux, à Dili les autorités de l'ONU songent à la reconstruction tout court, et au rôle que le FMI pourrait jouer dans son financement. Les rebelles indépendantistes, Falintil, qui descendent enfin ouvertement des montages, disent qu'elles veulent jouer une part active dans cette reconstruction, chose que refuse l'ONU aussi longtemps qu'ils resteront armés. Mais leur utilité pourrait vite être vérifiée, car ils prétendent être au courant de nombreux sites où des atrocités auraient été commises.

 

Russia's new war

After weeks of telling the world it would not engage in a wider ground war in the Caucasus against Islamic militants based in Chechnya - where they have launched a serie of attacks into neighboring Dagestan - Russia did just that. Some of the 50 000 federal forces massed along the Chechen border stepped in to create a security buffer some six miles inside the autonomous republic which Moscow insists is still part of Russia. "Military operations are already under way, " prime minister Vladimir Putin said, "Chechnya is Russian territory and our troops can move anywhere." The troops had been effectively blockading the explosive region in an attempt to end a string of terrorist attacks in the capital and other Russian cities, while the air force has been pounding Chechnya for over a week. Military officials had for some time been openly talking about a limited ground offensive in Chechnya, and according to some, troops have been coming in and out of the territory for weeks. The catalysts for the charge were a number of bomb attacks that killed over 300 people across Russia in the last few weeks, putting Moscovites, victims in three of the attacks, clearly on edge. One weekend a gas explosion caused widespread panic before the true, accidental nature of the blast was revealed. Security forces have dismantled a number of explosive devices suspected of being part of a sweeping campaign of terror, but in at least one case, police failed to detect a bomb in one of the Moscow buildings. It later detonated, killing 120 people and prompting an internal review of police operations. While few credible groups have effectively claimed responsibility, Moscow has pinned the blame on Islamic militants linked to fighting in Dagestan. The popular Chechen warlord heading the offensive there, Shamil Basayev, denied he was responsible in a Czech television interview shortly following the first bomb blast. He blamed the attack on "Dagestanis," sympathizing with their cause and correctly predicting more bombings to come. "What is the difference between someone letting a bomb go off in the centre of Moscow and injuring 10 or 20 children and the Russians dropping bombs from their aircraft over Karamakhi and killing 10 or 20 children?" he asked, "Russia is the real perpetrator of our entire suffering. The time has come when we shall have to settle all our accounts with Russia." Chechens had threatened to wage a terror campaign against Russian cities during the earlier war three years ago but had refrained from doing so, possibly because the war was already unpopular with the Russian public. But this time around Russians have supported military intervention in the Caucasus overwhelmingly, even bearing in mind the casualties of last costly campaign. The blockade however spread fears among analysts that it would ultimately help Basayev and his men extend their influence to other cordoned regions of the Caucasus. In an interview with the New York Times, Basayev didn't hide his growing ambitions: "Caucasus is huge. Our goal is free Caucasus." Russia did manage to win the war of attrition in Dagestan, as rebel retreat there seems to indicate after a series of Russian air force sorties against Chechen positions. The air force then soon directed attacks against Chechnya itself, targeting airports, industrial and communications infrastructures, but also killing over 300 civilians according to Chechens. Meanwhile the massive movement of Russian tanks heading towards the Chechen border increased the likelyhood that Russia would take the conflict a level higher, by intervening on the ground militarily, a Nato-style successful air campaign permitting. Despite their criticism of Nato strikes against Yugoslavia earlier this year, the Russians admitted they were waging the same sort of high-altitude, low unit casualty campaign against the Islamic rebels, but Western officials have warned them Chechnya is no Serbia, because no one leader really has a firm grip on the situation there. Certainly not the republic's leader Aslan Maskhadov, whose request of a meeting with Boris Yeltsin was declined. Faced with Moscow's unrelenting hard line, Maskhadov may now have recruited Basayev to organize Chechnya's defense, a move sure to enrage the Kremlin. But the crisis has cast further uncertainty on the ailing Yeltsin presidency. Rumors of his resignation have surfaced in view of the growing scandal involving kickbacks by a company contracted by the government. Last week his son-in-law, Leonid Dya-chenko, was found to be linked to offshore bank accounts at the center of the growing money-laundering scandal. Some analysts contend Yeltsin would not contemplate quitting his post without first insuring his immunity from investigation in the matter of family credit card bills paid by a Swiss contractor. The prosecutor in charge of the investigation in Switzerland said Yeltsin would be immune from questioning as long as he remains president of Russia. Prime minister Putin, whose popularity has sharply risen during the strikes, retorted that rumors were primarily aimed at fostering further instability. On the eve of parliamentary elections, there are growing fears a state of emergency, brought about by the recent wave of bombings, could postpone the vote, casting wild allegations by some that this may be the intended political purpose of the current campaign of terror. Far fetched? An internet poll on a Russian information web site revealed that while 48% of over 2000 participants thought Chechens were responsible for the bomb attacks, no less than 38% of them blamed them on the Kremlin. In the midst of the general agitation in Russia, Canadian foreign affairs minister, Lloyd Axworthy, joined his Russian counterpart, Igor Ivanov, calling for special discussions on terrorism at an upcoming meeting of G8 countries. But Russia clearly didn't have the patience to wait around to discuss means of rooting out the problem at home. As the conflict escalates however, the consensus in Moscow is starting to erode. Sending in the troops would be a mistake warned former prime minister Yevgeny Primakov, one of the favorites to succeed Yeltsin. Current PM Putin promised to limit the ground incursion "We are planning no large-scale military operation in Chechnya," but didn't manage to convince everyone. This week Canada said it understood Russia's need to strike at Chechnya, while Washington and the EU expressed concerns about the escalating violence. In the Caucasus the threat of all-out warfare alone has already caused a flood of some 80 000 Chechen refugees, seeking shelter in nearby Ingushetia, where the fear of a humanitarian disaster is growing. Yet another crisis Russia can't afford to handle. Back in Moscow security remains tight, and the bomb scares may have accomplished something positive in the tough urban landscape of the capital. Moscow police say the security clampdown has drastically cut down the city's usually high crime rate. But this is little consolation for innocent Chechens who live there, who claim the added security has come at the cost of their civil liberties.

 

Going after the brass

Pending the launch of a permanent international war crimes tribunal, one can say there are presently three courts those guilty of human rights abuses and crimes should look out for, the Hague's (ex-Yugoslavia), Arusha's (Rwanda) and Madrid's. Not satisfied of being on the verge of extraditing Chile's infamous dictator, Augusto Pinochet, to face human rights violations and torture charges in Spain, judge Baltasar Garzon continued his crusade against Latin American strongmen by filing international arrest warrants for 98 former military officers from Argentina. In an attempt to clean up its history, the country put several former military leaders on trial after democracy was restored in 1983. Although the officers were sentenced for life, they were later pardoned by President Carlos Menem, who's also issued a decree to block cooperation with Garzon's judicial probe in Argentina. Garzon may not get any further cooperation from current president-elect Fernando de la Rua, who could denounce his actions as "intrusion into domestic affairs," but Garzon's recent success with Pinochet has done nothing short of emboldening him. In addition, the widely publicized case has served as a warning to former dictators world-wide that they may be held accountable for their actions after all. While there aren't enough Garzon's to go around in this lifetime, military establishments in countries up until recently run by dictatorships are increasingly being taken on by the new leadership, though never without risk. The temerity of Nigerian president Olusegun Obasanjo, himself a former man in kaki, is prompting fears this first democratically-elected leader in thirty years has nothing short of a deathwish. Last month the arrest of Mohammed Abasha, son of the former strongman Sani Abacha, was the latest in a series of daring measures sure to upset the current brass. Obasanjo's campaign against members of the Abacha and Abubakar regimes are leaving analysts hoping the president enjoys the strong support of parts of the armed forces, even as he is announcing drastic cuts in the military (30 000 troops over the span of a few months), and a clampdown on corrupt oil concessions, which traditionally served as cash cow for the men in uniform. The measures started as soon as Obasanjo assumed office, with the arrest of Jr. Al-Mustapha, an investigation which according to Stratfor intelligence services is coming uncomfortably close to the man who willingly handed power to the current president, Abdulsalami Abubakar. Obasanjo then went on to purge 93 high-level officers. Later Obasanjo ordered 24 senior military officers to return lands illegally appropriated under former regimes. The measures are so sweeping, they may shed light on the president's own hold on Nigeria between 1976 and 1979, now that the country's "truth commission" has extended its investigation to cover all abuses since 1966. This will surely be the truest test of the current regime's determination to purge history. Nor are these acts of political courage confined to Nigeria. Further north, Algerian president Abdelaziz Bouteflika is counting on his recent success in the country's referendum on reforms to bolster his case against the military brass further. Bouteflika is losing patience with the military's reluctance to endorse members of his new government and has threatened to quit if the issue hasn't been resolved by January. He's asked for the resignation of two key figures, the head of the secret services and ministry of defence. Analysts fear Bouteflika's planned shake-up of military structure, which he intends to hand over to "true statesmen", will not endear him with the generals. In Indonesia, where just recently opposition supporters clashed with the army in the streets of Jakarta, President Abdurrahman Wahib has also given signs of starting to turn the page after decades of military-backed rule. He chose popular opposition leader Sukarnoputri over general Wiranto as Vice president, and has dealt with Indonesia's centrifugal forces peacefully rather than forcefully, scaling down army presence in independence-minded Aceh, even hinting at the possibility of holding a referendum there, and ordering investigations of wrongdoing by the military there as well as in East Timor. But as Pakistan's recent experience has shown, reigning in the military is no walk in the park even for the most determined of leaders. No sooner had the now deposed Nawaz Sharif asked for the resignation of General Pervez Musharraf that he was toppled from power and confined to house arrest. He currently faces charges of treason and could face the death penalty. Meeting with Canadian foreign affairs minister Lloyd Axworthy, Gen. Musharraf resisted Commonwealth pressure to announce a timetable for democracy three weeks after the coup, but later hinted he may call on Pakistanis to choose their fate by referenda, without specifying when. He too is giving economic reform and fighting corruption precedence, and is under no pressure to return Sharif to power, the latter having lost the favor of the people as well as that of the military. It is the hope of leaders in the West that, as in Nigeria's case, the military will voluntarily return to the barracks. Doing so, the hopes of Canadian prime minister Jean Chrétien, could leave Musharraf with a unique legacy, a significant chapter in the country's history, and would spare him the scrutiny of future Garzons.